Pretty Soily Company

Pretty Soily Company est né des esprits croisés des musiciens français Olivier Bonneau et Henri Vaugrand. Si le premier avait son propre projet musical, Half a Band, et plusieurs collaborations, il rejoint le second dans son univers progressif français, Grandval, en 2019 lors de l’enregistrement du deuxième album, Descendu sur Terre. Bonneau et Vaugrand poursuivent leur collaboration pour le troisième opus de Grandval, eau | feu, sorti en 2022, Bonneau étant davantage impliqué dans la conception de la musique. Mais, alors que les deux musiciens se mettent à travailler sur une hypothétique suite (Grandval 4 ?), survient un rebondissement. Chacun apportait alors de nouvelles musiques, mais les premières paroles écrites par Henri étaient en anglais. C’est ainsi qu’a débuté cette nouvelle aventure…
Chacun apportant des bases de morceaux et des idées musicales enregistrées dans son propre home-studio, les deux musiciens décidèrent de créer les arrangements ensemble et d’enregistrer dans un seul et même lieu, le Shepherds Street Studio, quelque part dans la campagne auvergnate. C’est ainsi qu’est né cet album alors sans titre d’un groupe sans nom !

Olivier Bonneau et Henri Vaugrand, photo Elodie Saugues

Un premier album à tiroirs

Chacun des deux artistes a enrichi les propositions de l’autre, et ils ont opté ensemble pour la conception d’un album au format vinyle avec une face de chansons et une face plus conceptuelle ne comportant qu’un seul titre. Vous obtenez ainsi cinq titres sur la face A et un seul sur la face B. Aucun concept derrière cette construction, seulement la curiosité et l’enthousiasme de travailler ensemble, de mieux se connaître en tant qu’amis et musiciens. Si les paroles, toutes écrites par Vaugrand, sont parfois très personnelles (« Upside Down », « Get Out of Here »), il y a aussi des sujets graves, comme pour « Tribal Crimes » – écrite après la trop longue liste d’attentats terroristes des dernières années – ou « In the Shades » – sur notre aveuglement analytique face au réchauffement climatique. Mais cela n’empêche pas l’humour et l’autodérision, comme sur l’introductif pop « We Reverse » et son ambiance à la 10cc. La face B est comme un collage de différentes parties, une évolution qui s’est produite au cours du processus d’enregistrement, comme le faisaient parfois les Beatles ou Genesis, avec des textes et des significations à tiroirs.

Pretty Soily Company
Pretty Soily Company, 2025

Subtil et soigné / sale et DIY

Ce jeu amusant s’est conclu – comme il est chanté dans« We Reverse » – en cherchant un nom. Après quelques hésitations, l’illumination est venue lorsque Pretty Soily Company est devenu une évidence pour une multitude de raisons et de lignées que les observateurs parviendront sans doute à identifier.
Du point de vue musical, cet album est le mélange de nombreux styles et influences mutuelles qui forgent une identité musicale propre, un son à la fois subtil et soigné (pretty?) et un peu sale et DIY (soily?). Ainsi, on peut y percevoir une tonalité à la fois rock, alternative, indie, pop, progressive, psychédélique, synthwave ou autre, et entendre ici et là The Beatles, Genesis, The Buggles, King Crimson, David Bowie, Pink Floyd, David Sylvian, Tears For Fears, Kraftwerk, Badfinger, Yes, The Police, Pendragon ou Wings… pour ne citer que ceux-là !
Une question insupportable vient à l’esprit : Pretty Soily Company n’est-il qu’un album « one-shot » ou le début de quelque chose de plus grand et d’inattendu ? Comme le suggère la chanson : « (…) Qui sait ? »